Craignez l’ignorance plus qu’un lion
Un récit sur le travail faisable, le leadership de coaching et le danger de l’ignorance
Titre singulier, n’est-ce pas ?
Devez-vous également réfléchir un instant avant que le message ne soit assimilé ?
J’ai entendu cette phrase récemment à la télévision. Un ministre d’un pays oriental, où les lions sont effectivement encore présents, a prononcé ces mots dans le cadre de la non-information à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui :
« Craignez plus l’ignorance qu’un lion ».
L’analyse est la mère de la solution
L’ignorance est l’une des plus grandes menaces pour notre société et, par conséquent, pour les entreprises. L’ignorance peut se propager comme un poison insidieux et désorganiser des organisations entières. Cela s’applique tant au niveau stratégique qu’opérationnel. Un manque de connaissances plus larges sur le lieu de travail concernant la situation sociétale et commerciale mène à des malentendus, de la résistance et de la démotivation. Comment des décisions peuvent-elles être comprises lorsqu’il n’y a aucune connaissance de l’analyse qui a mené aux décisions de l’entreprise ? Cela vaut pour la politique, mais aussi pour de nombreuses politiques d’entreprise. L’analyse est la mère de la solution.
Au cours des années où je me suis approfondi dans le développement du « travail faisable » et dans les conditions de réussite du « Leadership de Coaching », je constate que l’implication, l’information et la formation des collaborateurs concernés font partie fondamentale de l’exercice. Vous n’obtenez des interlocuteurs de valeur égale autour de la table que lorsque tout le monde dispose des mêmes informations et comprend ces informations. Car « la participation sans compréhension est une expression sans issue » – sans connaissances suffisantes, les opinions sont souvent creuses et ne mènent pas à un véritable progrès, mais plutôt à la polarisation.
Les conséquences de l’ignorance dans les entreprises
Chaque année, les directions et le management intermédiaire, qui ne représentent que 5 à 10 % du personnel, consacrent ensemble des centaines d’heures à l’élaboration de business plans. Ce processus prend deux à trois mois ou plus et comprend des analyses, des discussions et des choix stratégiques. Les conclusions de ce travail approfondi et les actions qui en découlent sont ensuite présentées au personnel en seulement une ou deux heures, avec l’attente que tout le monde soutienne immédiatement avec enthousiasme le plan et les nouveaux objectifs.
Mais si un collaborateur pouvait comprendre l’intégralité du plan en deux heures, saisir l’impact des faits et savoir immédiatement comment appliquer ce plan dans la pratique, pourquoi cette personne n’occuperait-elle pas le siège du PDG ?
Cette approche est tout simplement irréaliste. Un plan stratégique ne peut être imposé de manière descendante sans une large compréhension et une adhésion au sein de l’organisation. Les collaborateurs doivent être impliqués dans l’analyse de la problématique et la recherche de solutions. C’est la seule façon de créer un véritable engagement et une appropriation, essentiels pour une mise en œuvre réussie.
Lorsque les collaborateurs ne comprennent pas pourquoi les décisions sont prises, la distance entre la direction et le personnel s’accroît. Cela mène à la démotivation, à la résistance et même au sabotage des changements. La transparence et l’éducation au sein des organisations sont donc cruciales. En impliquant progressivement les collaborateurs dans le processus de réflexion et en les associant activement aux défis auxquels l’organisation est confrontée, les malentendus et les frustrations peuvent être évités.
Un employé bien informé est un employé engagé, quelqu’un qui ne réagit pas seulement aux symptômes, mais qui comprend les causes et contribue activement aux solutions.
Les dangers de l’ignorance dans la politique et la société
L’ignorance n’est pas seulement un risque au sein des entreprises, mais aussi au niveau sociétal. Une population mal informée devient une cible facile pour le populisme et la tromperie. Nous savons aujourd’hui que les « fake news » sont délibérément utilisées pour diffuser de la désinformation et monter les groupes de population les uns contre les autres. Cela peut mener à la polarisation, au chaos et même à des révoltes.
Une société informée est essentielle pour une démocratie saine. Les gens doivent apprendre à penser de manière critique, à vérifier les sources et à s’armer contre la manipulation. Ce n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour maintenir une société stable et prospère. Ici aussi, la règle s’applique : « La participation sans compréhension est une expression sans issue. » Quiconque critique ou soutient des décisions politiques sans connaissances factuelles contribue à des choix politiques irréfléchis et à une société instable. Mais pourquoi ne consacrons-nous pas plus de temps à informer sur les faits ?
Du travail faisable à l’autogestion productive : le rôle du Leadership de Coaching
Dans cet environnement de travail complexe et en évolution rapide, le développement d’un travail faisable est essentiel pour accroître tant l’engagement que la productivité. Lorsque les collaborateurs comprennent le contexte plus large, ils peuvent prendre les bonnes décisions de manière autonome et ciblée.
Cela nécessite un passage du management traditionnel vers le leadership de coaching, dans lequel les dirigeants ne pilotent plus par le contrôle, mais par la croissance et le développement.
Les leaders-coachs créent une vision claire et consacrent leur temps à faciliter leurs équipes, afin que les collaborateurs se sentent compétents, aient confiance en eux et puissent opérer en autogestion. Cela stimule la motivation intrinsèque et augmente la résilience de l’organisation. En investissant dans une culture où l’apprentissage, l’appropriation et la confiance sont centraux, un équilibre dynamique entre faisabilité et performance s’instaure. Ainsi, les organisations se transforment de structures hiérarchiques en réseaux adaptatifs où collaborateurs et dirigeants grandissent ensemble vers un niveau supérieur.
Le rôle particulier de l’éducation, de la formation et du coaching dans la prospérité et la stabilité
L’une des raisons pour lesquelles certaines sociétés réussissent réside en grande partie dans la qualité et l’accessibilité de leur enseignement. Les jeunes passent une partie considérable de leur vie – souvent jusqu’à 18 ou 22 ans – à l’école, ce qui représente presque un tiers de leur vie active. Réfléchissez-y un instant : apparemment, autant de temps est nécessaire pour permettre aux jeunes de fonctionner dans notre société actuelle. Et cela ne s’arrête pas là.
Cette approche constitue la base d’une économie forte et d’une société stable où il y a de la place pour diverger d’opinion et où des accords sont trouvés ensemble. Nous savons que le développement personnel continu est indispensable pour faire face aux défis d’un monde qui change rapidement. Quiconque ne continue pas à se développer aura du mal à s’adapter aux nouvelles réalités. L’innovation, la technologie et la mondialisation apportent sans cesse de nouveaux défis, et sans un développement continu des connaissances, les gens prennent du retard. Cela a des conséquences non seulement pour l’individu, mais pour toute la société. Et cela vaut certainement aussi pour votre entreprise. Et voici un autre malentendu : les gens ne sont pas du tout contre le changement, mais ils sont contre les inconvénients que le changement entraînera. Éliminez donc ces inconvénients au préalable, informez et impliquez, et la résistance sera évitée.
Puis-je vous poser quelques questions ?
- Comment se déroule le flux d’informations ascendant et descendant chez vous ?
- Où en êtes-vous par rapport au défi de leadership qu’est le « Leadership de Coaching » ?
- À quel point vos dirigeants sont-ils encore occupés par l’« opérationnel » aujourd’hui ?
- Combien de temps, ou peut-être mieux formulé, le peu de temps qu’ils consacrent réellement à aider les gens à grandir vers l’auto-organisation et l’autogestion ?
Conclusion : l’ignorance n’est pas une option, le leadership moderne comme catalyseur de croissance
L’ignorance est un danger qui ne doit pas être sous-estimé. Elle mine les entreprises, menace les démocraties, affaiblit les économies et entrave le progrès.
La transparence, l’éducation et les compétences de pensée critique sont les clés d’une société résiliente et progressiste.
Dans les entreprises, cela signifie que les collaborateurs ne doivent pas simplement être informés, mais doivent être activement impliqués dans la stratégie et la prise de décision.
L’engagement ne naît que lorsque les collaborateurs reçoivent l’espace nécessaire pour réfléchir et contribuer aux décisions stratégiques. C’est la seule façon pour les organisations et les sociétés d’affronter les défis de l’avenir avec confiance.
C’est là qu’une nouvelle responsabilité incombe aux leaders : ils doivent éduquer, former et coacher leurs équipes pour qu’elles puissent agir de manière autonome. Le leadership de coaching signifie investir dans le développement des collaborateurs, les informer, les aider à comprendre des défis complexes et les guider vers une plus grande autonomie et responsabilité. Lorsque les managers embrassent leur rôle de mentor et de facilitateur, une culture se crée dans laquelle les collaborateurs se sentent liés à l’organisation et contribuent activement à l’innovation et à la croissance durable. Ainsi, les entreprises ne construisent pas seulement leur propre avenir, mais aussi une économie résiliente et agile.
Espérons maintenant que la politique le comprenne également.
Erik Houben, Managing Partner 4Result, 2025
