Pourquoi de plus en plus de jeunes s’arrêtent pour cause de stress et de burn-out ; et ce que les organisations peuvent apprendre de cette tendance

Quatre jeunes travailleurs sur dix devenus incapables de travailler en 2024 sont chez eux pour cause de stress, de burn-out ou d’anxiété. Quatre sur dix.

En 2018, ce chiffre n’était qu’à peine de 4 %.

Il ne s’agit pas d’une baisse temporaire ni d’un hasard. C’est un changement fondamental dans la manière dont les jeunes travaillent, vivent et se rapportent à leur emploi. Des vingtenaires et trentenaires qui décrochent mentalement très tôt, avant même que leur carrière n’ait véritablement commencé.

Que cela dit-il de notre façon de travailler ? De la manière dont nous organisons les équipes, fixons les attentes et gérons la complexité ?

Dans cet article, nous présentons notre vision des causes et les solutions qui peuvent s’y inscrire.

Qu’est-ce qui rend les jeunes si vulnérables aujourd’hui ?
Quelles en sont les causes ?

1. Trop de possibilités, trop peu de direction

Les jeunes bénéficient d’une liberté énorme, tant sur le plan professionnel que privé. Mais cette liberté sans points de repère crée une pression pour tout bien faire : grandir, performer, prendre soin des autres, profiter…

Un monde plein d’options exige des choix ; et les choix exigent un accompagnement.

2. Un marché du travail exigeant rapidité et flexibilité

Les entreprises ont un besoin urgent de personnel. Les nouveaux collaborateurs doivent être opérationnels rapidement, parfois sans onboarding ou structure suffisante.

3. Perfectionnisme et autocritique

Beaucoup de jeunes se retrouvent bloqués parce qu’ils s’évaluent constamment : « Est-ce que je m’en sors assez bien ? »

Cette pression intérieure place le corps dans un état de stress continu qui, à long terme, mène à l’épuisement.

4. Moins de tampons, plus de stress

Un réseau social solide, à la maison comme au travail, protège contre l’arrêt de travail.

Lorsque ce soutien fait défaut, les facteurs de stress pèsent plus rapidement.

Que peuvent faire les organisations ?

Le burn-out chez les jeunes n’est pas un échec individuel, mais le signal que les organisations, les leaders et les équipes jouent un rôle fondamental dans la prévention et le rétablissement. Les enseignements de l’article confirment précisément ce qui rend les 4 R si importants aujourd’hui.

RELATION : la connexion comme fondement de la santé mentale

La connexion est le principal facteur de protection contre le décrochage mental.

Ce que cela signifie pour les équipes et les leaders : se concentrer sur les compétences relationnelles.

Dans les équipes fortement axées sur la relation, on trouve :

  • des managers qui pratiquent une écoute réellement active,
  • des collègues qui se soutiennent mutuellement,
  • une collaboration basée sur la confiance,
  • des attentes claires,
  • du feedback et du feedforward basés sur l’empathie et la croissance.

Une relation de travail solide permet aux collaborateurs non seulement de savoir ce qu’ils doivent faire, mais aussi de sentir qu’ils comptent.

Cela offre un cadre et réduit le stress.

Lorsque la Relation se développe, la satisfaction client augmente : les collaborateurs qui se sentent soutenus transmettent cette même énergie positive aux clients.

RESPECT : autonomie, appartenance et clarté.

L’étude le montre clairement : les jeunes s’arrêtent moins lorsqu’ils travaillent dans un environnement qui :

  • communique clairement,
  • donne de l’autonomie,
  • offre une sécurité psychologique,
  • laisse de la place au talent et à la croissance,
  • et permet de discuter des erreurs.

Ce que les leaders peuvent faire ici : offrir des cadres, non pas du contrôle mais de l’autonomie.

Une culture où les personnes sont traitées avec confiance et maturité.

Passer d’un leadership axé sur les tâches à un leadership de coaching.

Le respect nourrit la motivation intrinsèque.

Et des collaborateurs motivés sont plus résilients, plus innovants et moins sujets au burn-out.

RENDEMENT : des personnes en bonne santé créent des résultats sains

Le stress, l’incertitude, le manque de clarté et d’accompagnement n’ont pas seulement un impact sur l’individu, mais aussi sur les équipes et les organisations.

L’absentéisme coûte aux entreprises :

  • en expertise,
  • en innovation,
  • en concentration,
  • en productivité,
  • en continuité,
  • et en satisfaction client.

À l’inverse :

lorsque les organisations investissent dans des structures claires, l’accompagnement et le bien-être, non seulement la satisfaction et la collaboration augmentent, mais aussi les résultats de l’entreprise.

Des personnes en bonne santé génèrent un rendement sain.

ROUTINE : de la théorie au changement de comportement durable

L’article souligne que se remettre d’un burn-out ne consiste pas à travailler plus dur, mais à travailler autrement : libérer de l’espace, connaître ses limites, oser faire des choix, exploiter ses talents.

Mais les prises de conscience seules ne suffisent pas.

Le changement durable survient lorsque le nouveau comportement devient une routine :

  • des entretiens individuels qui deviennent la norme,
  • des accords et des procédures clairs qui restent à jour,
  • je sais ce que l’on attend de moi,
  • des équipes qui font preuve d’engagement et prennent leurs responsabilités,
  • le coaching de terrain qui fait partie de la culture de croissance de votre organisation,
  • des leaders qui communiquent dans une posture de coach,
  • des collaborateurs qui ressentent une motivation intrinsèque.

La routine est ce qui fait que le bien-être ne dépend pas de la bonne volonté, mais s’inscrit dans la manière de travailler.

Une invitation aux organisations

Les chiffres du burn-out chez les jeunes sont un avertissement que nous ne pouvons ignorer.

Ils montrent ce dont les jeunes collaborateurs ont besoin aujourd’hui : de la clarté dans les attentes, une culture qui m’accompagne et des équipes de confiance qui se comprennent elles-mêmes et comprennent les autres (forces et faiblesses discutées).

Lorsque les organisations investissent dans la Relation, le Respect, le Rendement et la Routine :

  • votre satisfaction collaborateur augmente
  • votre satisfaction client augmente
  • vos résultats d’entreprise augmentent
  • et les gens ne travaillent pas seulement plus longtemps, mais aussi mieux.

Et c’est précisément ce sur quoi le leadership, le coaching et le développement d’équipe doivent porter aujourd’hui.

Et la bonne nouvelle est la suivante : nous pouvons vraiment agir là-dessus.

Modèle ABC
Modèle ABC de la motivation (Autonomie, Appartenance, Compétence ; Vansteenkiste, Ryan & Soenens, 2020).

Sources :